Vague de licenciement dans les services à la personne ? Comme suite à l'article précédent, je reprend ce matin cet article du Monde paru hier 29 Juin, qui dénonce un phénomène qui me parait inquiétant : "Une dizaine de salariés en colère dénonçant, dans un tract, le "licenciement brutal de la moitié du personnel" de France Domicile, enseigne nationale de services à la personne : la scène faisait plutôt mauvais effet, ce 23 juin, à l'entrée du centre Georges-Pompidou à Paris, où se clôturaient les Assises de la professionnalisation, organisées par l'Agence nationale des services à la personne (ANSP)...
Cet épisode marque-t-il le début d'une vague de licenciements dans les services à la personne ? Laurent Hénart, le président de l'ANSP, n'y croit pas : "Les experts prévoient que ce secteur sera le seul créateur d'emplois nets en 2009."
Pourtant depuis plusieurs semaines, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Le 7 avril, Séréna, une autre enseigne nationale (non subventionnée), fondée par les mutuelles Maif, Macif, MGEN et le groupe Caisses d'épargne, annonçait plus de 10 millions d'euros de perte en 2008 et la suppression de 64 postes sur 245. Le 5 juin, l'association Adar-Lille, spécialisée dans les services aux personnes âgées et dépendantes, était mise en redressement judiciaire. Faute de repreneur, 380 licenciements pourraient être prononcés. Enfin, le 23 juin, c'était au tour de Famiclic, un des pionniers de l'assistance informatique à domicile, d'être mis en liquidation judiciaire.
Quant à France Domicile, créée en 2005 dans l'euphorie du plan Borloo par de gros acteurs de l'économie sociale, elle affiche une perte prévisionnelle de 2,9 millions d'euros pour 2009.
La faute à la crise ? C'est du moins l'explication fournie par Renaud Desvignes, président de France Domicile. "En cette période, les consommateurs arbitrent leurs dépenses",reconnaît-il. Si le secteur des services à la personne reste créateur d'emplois, sa croissance, effectivement, ralentit..."
... inquiétant, car à entendre les uns et les autres (les uns surtout), la France compte sur le développement dans les prochaines années des services à la personne, créateurs d'on ne sait combien de milliers et de milliers d'emplois. Appelés qu'ils sont à combler à eux tout seuls (au dire des uns) la disparition des emplois industriels, que va-t'il rester si les services d'aide à la personne sombrent également dans la ronde des licenciements et des dépôts de bilan ?